Nouveaux Sons de Cloches
Pour la première fois depuis longtemps, Rick Wright est réintégré au groupe et pour la première fois depuis Time, et Us & Them en 1973, où il partageait la voix avec Gilmour, Wright chante aussi. Auparavant, sa voix n'avait été entendue que sur Astronomie Domine, en soutien à celle de Syd Barrett, et sur Matilda Mother, en 1967. Le style musical atmosphérique et mélodique renoue avec l'identité progressive du groupe tout en s'appuyant sur les textes coécrits par Polly Samson. Et avec le chanteur et principal compositeur de la formation The Dream Academy, Nick Laird-Clowes. Avec lui on compose aussi avec Bob Ezrin.
Je découvre, avec le premier single de cet album, réalise en fait, que je suis grand amateur de carillons dans une chanson. Je m'en suis fait une liste de lecture sur mon téléphone cette année. 17 chansons. 1h43. Dont celle-là, mettant en vedette à un certain moment, un carillon. (Harry Styles aussi) Beau son. Qui appelle les frissons.
Le lancement en mars du 14e album studio s'accompagnera de l'annonce d'une tournée mondiale titanesque, la Divison Bell, qui comprendra 110 spectacles à toujours très grand déploiement scénique, du 30 mars 1994 au 29 octobre. On fera l'Amérique du Nord et l'Europe. Les derniers concerts, à Londres, sont enregistrés pour en faire un album double en spectacle et un DVD qui seront lancés en 1995. Le spectacle du 12 octobre 1994 est le dernier de Pink Floyd avant les 11 prochaines années. Ce périple pharaonique dépasse en envergure les précédentes tournées, nécessitant des centaines de tonnes d'acier et proposant des effets visuels à couper le souffle. Le groupe fait salle comble dans tous les stades et devient extraordinairement riche. Pendant ce temps, Roger Waters se trouve dans une position délicate. Il avait quitté le band en 1985, convaincu que cette scintillante voiture serait à deux roues et serait une anonyme bicyclette. Qu'il ne pouvait pas continuer de progresser, sans lui. Qu'il pouvait même en bloquer l'utilisation du nom. Tout ça, il était forcé d'admettre, ne se passait pas comme il l'avait anticipé. Il voit ses acolytes remplir les plus grandes enceintes de la planète avec le répertoire qu'il avait largement contribué à concevoir. Il assiste impuissant à la pérenisation de la marque Pink Floyd. Malgré ce contexte difficile, Waters pose les bases de son renouveau scénique. En 1996, Il est intronisé au Temple de la Renommée du Rock n' Roll, à Cleveland, en temps que membre de Pink Floyd (Syd aussi) mais par orgueil, ne s'y présentera pas (Syd non plus). Il travaille en coulisses et se détache de ses précédentes productions des années 80, un peu plus pop/rock, se concentrant sur une réflexion philosophique et musicale plus vaste en vue de son retour sur le devant de la scène. En effet, en 1999, année de naissance de notre premier enfant, Waters lance sa tournée Nord-Américaine In The Flesh. Le titre de la tournée fait écho à The Wall, mais le contenu du spectacle n'offrira pas que des morceaux de cet album. Waters y refait sa virginité. Après plus d'une décennie d'absence sur la scène, 12 ans, il met l'accent sur une maitrise musicale irréprochable et sur une immersion totale dans l'oeuvre de sa vie. Il s'entoure de Doyle Bramhall II, un jeune guitariste des États-Unis qui a travaillé avec Eric Clapton, donc qui est rompu aux hommes difficiles. Terence Charles "Snowy" White était aussi dans l'entourage de Pink Floyd, dès 1977, et a suivi Roger dans sa carrière solo, il est aussi As guitariste. Waters n'hésite pas à offrir une rétrospective de sa carrière. Il ratisse large et comble les fans en jouant sur scène des morceaux de The Dark Side of The Moon, Meddle, Animals, Wish You Were Here ou The Final Cut. The Wall, bien entendu. Il pige aussi dans ses trois albums solos, surtout le dernier. La série de spectacle est un franc succès et sera étendue et allongée jusqu'en Europe et jusqu'en 2000, acclamé par la critique et par le public. Un DVD sera tiré de sa tournée. Tiré d'un spectacle en Oregon confirmant que Waters est une légende vivante du monde musical contemporain. D'un côté Pink Floyd a su prouver sa capacité à exister et triompher sans son leader originel.De l'autre, Roger Waters a réussi son pari de reconquérir les foules grâce à la puissance intemporelle de ses concepts.
Un nouveau millénaire se profile.
On a de moins en moins de choses à prouver.
En vous écrivant ceci, je découvre The Division Bell que je n'avais jamais vraiment exploré. Surprenament intéressant. Album de la maturité. Je ne pouvais pas l'écouter avant. C'est ma trame sonore de voyage en Italie.
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