Faites Tomber Ces Murs
Au final, ce sera ni l'une, ni l'autre des propositions.
Roger a déjà une idée très précise en tête. La Battersea Power Station, une centrale électrique construite dans les années 30, près de la Tamise, et déjà à moitié fermée. Presqu'inopérante. Waters a toujours été impressionné par "leurs 4 tours phalliques", selon ses propres dires. Il trouve aussi que ça peut ressembler à une tortue sur le dos, les 4 pattes en l'air. C'est lui qui pense aussi au cochon, gonflé à l'hélium, suspendu tout près. Avec la distanciation porcine, le cochon serait signe d'espoir, voyant l'impuissance plus bas. Regardant de haut le monde moderne et le modèle capitaliste décrié sur disque. Ce modèle qui les rend pourtant si riches avec leur album d'il y a 4 ans.Le cochon gonflé fait 30 pieds de long et 20 pieds de hauteur. La compagnie allemande qui le conçoit, était spécialiste de Zeppelin auparavant. La prise de photo sera compliquée. Onze photographes. Mais au jour 1, problème de gonflage. On prend quand même des photos du ciel nuageux pour ne pas perdre sa journée. Jour 2, catastrophe ! on perd le cochon qui part au ciel jusqu'à 12 000 000 pieds dans les airs. On ferme l'aéroport Heathrow pour éviter les accidents aériens face à la stupeur d'un cochon géant leur apparaissant au nez. On retrouve le cochon dans un champs plus loin. Jour 3 on y arrive, mais le ciel est si bleu!!!!!!!!!!!!! On va s'entendre pour une photo du jour 3 et un montage du ciel du jour 1.
Quand un nouveau gouvernement anglais arrive au pouvoir, ce sont 80% des avoirs des plus fortunés qui seront surtaxés. Un véreux conseiller financier conseille au band, riche grâce au côté sombre de la lune, (très récemment exploré par Artemis II), d'investir dans toutes sortes de choses qui font presque toutes patates. On perd facilement et rapidement 2 millions. Le conseiller se sauve en Espagne parce que croche et filou. Rattrapé, il fera 3 ans de prison.
L'album est lancé en janvier 1977, on part en tournée le mois suivant en commençant à Paris. Première partie: tout Animals, seconde partie, tout Wish You Were Here. C'est plein partout. On joue donc dans de plus grandes salles, des arénas, des stades. La tournée vend partout. On refait le 2 millions assez vite. C'est révolutionnaire pour l'époque, des structures gonflantes géantes survolent les lieux parfois jusqu'à 400 mètres au dessus de la foule. David Gilmour se sent parfois étouffé sur scène par le volume sonore imposé par Waters qui ratisse large dans le leadership. Gilmour semble même abandonner vocalement parfois, par dépit.Le 6 juillet 1977, on est à Montréal, au tout à fait neuf Stade Olympique. Déjà probablement irrités par la distribution du son du Stade Olympique, perpétuellement mauvais. Mais ce soir-là, Roger est particulièrement frustré de la foule où il sent une véritable déconnexion entre ce qu'ils font sur scène et sur ce que la foule réclame. La foule est tellement ailleurs qu'il sent un véritable mur se dresser entre eux et le public. Ça se répétera de spectacles en spectacles. Mais à ce particulier spectacle de Montréal, il crache sur un membre du public, après lui avoir demandé de s'approcher de son visage. Littéralement. Écoeuré. Cette anecdote sera transformée en rumeur qu'il a écrit le soir même, la partition de base d'Another Brick in the Wall. La vérité est peut-être ailleurs. Son concept pour The Wall est toutefois planté.
C'est une odyssée mentale que Roger Waters vivra tout seul dans sa tête. La tension entre chaque membre du band, additionné à la fatigue mentale et physique des dernières années et de la tournée en cour, qui se nomme In The Flesh, est telle qu'ils voyagent tous, séparément. D'autres murs internes. Waters est choqué par sa propre aliénation et par son geste de cracher au public. Gilmour, choqué par tout, à Montréal, ne revient pas sur scène, pour le rappel. Des fils se brisent entre eux.À l'été 1978, Gilmour et Rick Wright en profiteront pour lancer des projets parallèles. David avec son premier album solo. Rick, faisant de même avec Steven Wilson à la production et sa femme alors, aux voix occasionnelles sur un album instrumental. On fait tout ça en France, où on s'exile pour des questions de taxes. Nick Mason participe au 4e album du guitariste de musique progressive, Steve Hillage.
Roger, pendant ce temps, a le cerveau en ébullition.
Il ne compose pas un, mais deux albums entiers. Même trois. Puisque le premier, serait un album double tellement il est inspiré par son concept de murs à abattre. Dans sa maison du Sud de l'Angleterre, où il apprend à être papa d'une fille, depuis janvier, il propose aux trois autres et à leur gérant, Steve O'Rourke, 2 projets concepts. The Wall et The Pros & Cons of Hitchiking. Personne n'est excité par les deux projets. On trouve déprimant. Wright n'a pas complètement envie de travailler sur de nouvelles obsessions de Roger. Mais ni lui, ni les deux autres n'ont de chansons. Et Roger en présente tout plein. On a qu'à bâtir dessus. Il les bat de vitesse. Et on veut refaire la fortune d'avant. Le mot "pertes" est revenu beaucoup trop souvent, depuis quelques temps. Le gérant Steve O'Rourke est plus tenté par The Pros & Cons of Hitchiking. Mais l'acte fondateur de la fatigue nerveuse de Waters à Montréal (et au Madison Square Garden, 2 jours avant) leur fera choisir le projet qui s'appelle alors Bricks in the Wall. Gimour, Wright & Mason le préfèrent.À l'automne 1978, on entre en studio pour travailler un album qu'on sait déjà, double, et qui sera projet multimedia, film aussi. Le groupe reçoit 4,5 millions d'avance sur un projet où tout le monde devra être stimulé. Waters a un projet si ambitieux, et les gars ne sont tellement pas unis, derrière bien des murs, Roger aura besoin d'un proche collaborateur pour l'aider.
| B.E. |
Un juif originaire de Toronto. Qui vient de travailler avec la femme de Roger, Carolyn (qui elle, était son assistante).
Mais qui a travaillé brillamment avec quelques autres, auparavant...
Everything under the sun is in tune, but the sun is eclipsed by the moon.
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