Ezrin, La Brique & L'Écran

Né à Toronto en 1949, Bob Ezrin commence sa carrière de producteur sous l'aile de Jake Richardson, producteur de la fierté manitobaine The Guess Who. C'est là qu'il apprend la rigueur technique et l'art de la pré-production. Sa grande percée comme réel producteur d'un artiste survient en 1971, quand il produit Love It To Death pour Alice Cooper. Faisant la transition avec succès pour le band de psychédélique à hard rock. Prenant un groupe de garage chaotique pour en faire une machine de guerre théâtrale rock. Quand Lou Reed lui fait le pari de produire l'album le plus déprimant au monde, et Ezrin le rend si interressant, dans ses arrangements, avec Berlin, en 1973, il en fait un de mes un des mes albums préférés à vie. Une ambiance de film. 

C'est déjà un film audio qu'il livre pour Lou Reed pouvant préfacer ce qu'il fera avec Pink Floyd. Ezrin apporte entretemps une dimension épique au groupe Kiss, en 1976, introduisant des effets sonores et des choeurs d'enfants. Et de L'orchestration à un band qui n'en faisait pas beaucoup. Il sera aussi assez important dans le lancement de la carrière solo de Peter Gabriel, un premier album que j'ai aussi beaucoup beaucoup beaucoup écouté. 

Roger, Nick, Rick et David, ont aussi beaucoup écouté Ezrin et l'ont aimé. On sait qu'on est plus aussi uni qu'on l'a déjà été chez Pink Floyd. Ezrin est engagé pour le projet de Waters, et soumet même une sorte de scénario d'une quarantaine de pages pour son album qu'on sait, sera double. Waters a presqu'autant de démos à proposer aux trois autres qui ne produisent pas au même rythme. Waters a 26 morceaux pour The Wall. Maintenant ciblé sur le deuil familial paternel qu'il a vécu, enfant.  Waters avait proposé une oeuvre très autobiographique, ce qu'Ezrin changera, afin d'intégrer les 3 autres plus facilement. Il propose le personnage fictif de Pink, et agit comme médiateur dans les tensions entre Waters et ceux qu'il commence à traiter comme ses employés. On réalisera que si le projet finit par tenir et aboutir, c'est beaucoup en raison de Bob Ezrin, qui agit comme lien entre tous ses gens, mais aussi qui créé, musicalement, sur au moins un morceau, très opéra. On développe un morceau de l'album solo de Gilmour autrement, il en sera co-crédité. Mais un autre, principalement composé par Gilmour sera refusé par Waters, qui trouve que ça ne colle pas au style du reste de l'album. ERREUR dit Ezrin, elle est primordiale, c'est Bob qui insiste pour la garder et ce sera l'une des plus populaires non seulement de l'album, mais aussi de tout le répertoire du band. Confortably Numb est très régulièrement votée, encore de nos jours, comme une chanson populaire au meilleur solo de guitare possible. Ce qui reste toujours assez subjectif. On finit par l'intégrer. Gilmour et Waters co-écrivent aussi, un autre morceau, sombre. Que j'aime beaucoup. Hédonsime, sexe, drogue, rock'n roll. Pas surprenant qu'ado, cet album me parle tant. 

C'est aussi Ezrin qui propose la chorale d'enfants dans Another Brick in the Wall Part II et une guitare funk/disco. Les enfants chanteront trop fort et leur accent cockney sera marqué. Nick Griffiths fera un travail hors pair pour doubler les voix et les tripler au mix. On fera un don à l'école qui fournit les élèves qui chantent pour à la fois que quelque chose leur revienne, mais aussi parce qu'on leur fait chanter en quelque sorte de la contre-éducation.

Fin 1979, on lance en premier single Another Brick in the Wall Part II, mixé légèrement différemment pour la radio. Quand l'album est présenté à la maison de disque, on est pas du tout impressionné. On trouve claustrophobique et hanté. Mais quand le single devient #1 à Noël, on fait confiance au band et l'album lancé une semaine plus tard que le single, aura une promotion plus nourrie. Pour la pochette, le groupe s'était chicané avec Hipgnosis quand ceux ci avaient utilisé une photo des sessions d'Animals, sans leur en parler au préalable pour un livre. La version finale de la pochette sera l'une des plus minimaliste de l'histoire du groupe, un mur de brique blanc, avec les arts calligraphiques de Gerald Scarfe, qu'on aimera tant, qu'on le réutlisera pour la version cinéma qu'on marmite aussi. Scarfe aurait été en partie inspiré par la forme du nouveau Stade Olympique de Montréal pour ses dessins. 

Pour la première fois depuis The Piper at The Gates of Dawn, un album de Pink Floyd n'a pas une pochette concoctée par Hipgnosis.

La réception critique est mitigée. On trouve obsessif, maximaliste, prétentieux, excessif, ambitieusement dramatique. Pompeux. Plein d'ego. Tout ça est un peu vrai. Tout en les trouvant, un peu plus faux.

Mais on se demande aussi si on trouve terrible ou tout simplement si bouleversant qu'on ne comprend pas trop ce qui nous envahi et on aime ça.

On découvre le emo-rock ?

Peu importe, on a un arc narratif anti guerre, un moteur musical, et une aventure bouclée à la fois grandiose, intime, nostalgique, mélancolique et harmonique.

The Wall sera #1 dans 11 pays dont le Canada.    

On a des projets de maintenant tout filmer

Le spectacle doit continuer.   

Hors de ces murs.     

Parce que de l'intérieur, Waters en a eu assez de Rick Wright qui n'était plus qu'une ombre et ne contribuait plus à rien. Roger l'a expulsé du band et on l'a engagé comme musicien de session.

Il sera musicien salarié pour la prochaine tournée. 

Mais rira bien, qui rira le dernier...

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