UFO : Peu à Peu, Décoller

Janvier 1966, tous les dimanches, au Marquee Club de Londres, un promoteur loue la salle pour y présenter nouvelles musiques, musique expérimentale. Les Beatles, et maintenant les Rolling Stones, ont ouvert un terrain de jeu pour les jeunes adultes dont on veut développer des nouvelles portées. Donovan, Graham Bond, Mose Alison y sont découverts. Pink Floyd Sound y fera ses premiers "trips". Ce sera le nom de la série de spectacles. 

Né en 1943, Peter Jenner a le même âge que les deux RW de Pink Floyd Sound. Fils de vicaire, il a fait des études en sciences économiques mais reste passionné par le monde musical qui se dessine. Il sera très investi dans le Swinging London et sera au coeur de tout ce qui grouille et qui est cool à Nothing Hill. Il a un ami qui organise un festival de musique, enfin, il loue des salles le week-end, pour son frère à lui qui travaille pour une étiquette de disque et cherche à signer de nouveaux artistes. C'est dans un de ses spectacles qu'il remarque le band. Surtout Barrett, excentrique, Rick Wright, par qui une force harmonique semble signer les harmonies et Nick qui pioche merveilleusement sur ses tambours. Seul Roger Waters n'est pas remarqué. C'est justement lui qui le revire quand Jenner se rend derrière la scène pour se présenter, et que Waters lui dit que ce n'est pas le moment, tout le monde part en vacances. 

Mais quand Jenner trouve où les gars pratiquent, c'est encore Waters qui l'accueille, unique membre qui ne partait pas en vacances au final. Roger le trouve soudainement intéressant quand il découvre que Jenner est un grand ami de John Hopkins, photographe et icône incontournable du Swinging London. Jenner lance sa propre maison de disque avec "Hoppy" et deux autres acolytes. Une ancienne laiterie de Chelsea devient un studio qui a Joe Boyd à la production et John Wood à l'enregistrement. Hoppy laisse vite tomber tout ça, plus artiste qu'homme d'affaires et Andrew King le remplace. 

King est né en 1942, fils de vicaire aussi, il quitte son emploi à la British Airways, grand amateur de musique d'avant-garde et se joint à son ami Jenner qui lui tend la main. Ensemble on pense voir et entendre en Pink Floyd des artistes marchant dans les pas des Beatles ou des Stones. En septembre 1966, il y a 60, Jenner & King devenaient les premiers gérants de Pink Floyd dont on aime le son. On laisse tomber le "sound" pour que ce soit lisible sur la caisse claire de Nick Mason. Jenner est le lien direct avec le band, King avec les affaires. Mais on doute de la fiabilité constante de ce dernier. On signe un jeune Marc Bolan, qui épousera la secrétaire de la maison de prod. avant qu'il ne forme T.Rex. On signe aussi Roy Harper, Kevin Ayers, Edgar Broughton Band et Third Ear Band. Robert Wyatt, batteur de Soft Machine, jalouse leurs gérants vraiment intéressés par leurs artistes. Son band à lui est sans contra, ni gérant. 

Jenner et King sont peu attiré par l'appât du gain et veulent que leurs artistes fleurissent. Ile les font jouer dans des endroits réservés généralement à la musique classique. Et feront jouer les tout premiers concerts gratuits en extérieur du Hyde Park, malgré les protestations des membres du parlement. En 1968, avec PF, et T.Rex, Roy Harper et Jethro Tull. Les Stones ne le feront qu'un été plus tard. Pour la mort de Brian Jones et l'introduction de Mick Taylor. 

Joe Boyd a 24 ans, est musicien aussi, mais travaille principalement à recruter des talents pour l'étiquette Elektra. Avec le même "Hoppy" que plus haut, il créé un club où on se produit en musique le UFO Club. Pink Floyd y joue et il les aime tant qu'il leur offrira l'endroit souvent pour se produire. Ils deviennent un peu le groupe phare du UFO. Où on y joue moins de la musique rappelant le blues des États-Unis que de la musique psychédélique spatiale. Les 12 et 13 janvier 1967, Joe Boyd enregistre avec eux Interstellar Overdrive et Nick's Boogie pour la bande originale du documentaire Tonight Let's All Make Love in London de Peter Whitehead. Comme tout a bien fonctionné, on refait le coup deux semaines plus tard en enregistrant avec Boyd Arnold Layne et Candy and a Currant Bun en face B. Comme la chanson fonctionne assez bien et que tout le monde semble content, Boyd a confiance que Pink Floyd signe son premier contrat de disque avec ceux pour qui il travaille. Polydor, qui a déjà Cream et The Who et qui leur offre une avance de 1500 livres sterling, mais il est trop tard, EMI a été plus rapide et leur offrait 5000 Livres Sterling d'avance. L'étiquette des Beatles en plus. 

On jouait au UFO comme dans un laboratoire de la contre-culture. Un peu l'équivalent Londonnien du Filmore West ou du Winterland de San Francisco, haut lieu des tests sur l'acide. Si tout est psychédélique autour du band, eux, ne se sentent pas psychédéliques. Ne le sont que par Syd. Qui en épouse toutes les composantes. Et qui soutire des sons. Waters reste blues. Mason, avant-gardiste. Wright classico-aérien. Et dans sa culture psychédélique, Barrett consomme énormément de drogues. Beaucoup trop. Dans le tournage de deux clips du single d'Arnold Layne, on peut voir dans le vidéo officiel un Barrett disons, normal. Mais dans le second, tourné peu de temps après, il est déjà "parti" entre les deux oreilles.  
Interstellar Overdrive était instrumentale, elle n'a jamais percé les palmarès. Ni Nick's Boogie, de Nick Mason. Toute aussi instrumentale. On avait pas lancé en single. Arnold Layne est le premier single, avec son solo d'orgue de Rick Wright, qui pouvait devenir des jams de 10-15 minutes en spectacle, atteindra la top 20 des palmarès du Royaume-Unis (19), en 1967. Il est temps de battre le fer pendant qu'il est chaud.

Il est temps de d'offrir encore du nouveau matériel

Il sera temps d'aller voir Émilie, jouer.    

Avec en face B, de Pink Floyd, un de mes préférés morceaux de leur jeune période. 

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