Aux Portes de l'Aube

Les gérants de Pink Floyd, qui en sont à leurs premières armes avec Pink Floyd, Peter Jenner & Andrew King, organisent en mai 1967, un festival musical mettant en vedette compositions électroniques, projections d'images en couleurs psychédéliques, filles et Pink Floyd annonce l'affiche de Games for May. On annonce même THE Pink Floyd. Au Queen Elizabeth Hall. Lieu généralement réservé à la musique classique. Ce sera le concert le plus significatif de leur jeune carrière, car on les présente comme un groupe déjà établi. Alors qu'ils n'ont pas d'albums, simplement des singles. 

Syd Barrett, en passant dans l'appartement où logent Andrew King et Rick Wright, compose seul dans leur salon, où se trouve un kit pour enregistrer des démos, See Emily Play, en prévision de ce spectacle. Ça impressionnera tout le monde. Emily est potentiellement Emily Tacita Young, fille du premier baron Edward Hilton Young, future sculptrice de renom qui ne manque aucune soirée expérimentale comme celle présentée par Jenner & King. Mais elle pourrait aussi être une jeune fille croisée dans un trip d'acide de Syd, trip qu'il multiplie allègrement. Une ancienne copine de Syd, Jenny Spires, dira que Syd lui avait dit, avant la création de la chanson, qu'Emily était son prénom féminin préféré et que si il avait une fille un jour, elle serait baptisée ainsi. Le single, avec Scarecrow en Face B, sera lancée en juin 1967, deux jours avant les 20 ans de mon père, et atteindra la 6e position dans les palmarès eu Royaume-Uni. Derrière des hymnes comme ceux de Procol Harum et des Beach Boys. Ce single, placé autour de grands artistes, forceront les radios à faire jouer du Floyd sur leurs ondes. On avait censuré Arnold Layne parce qu'on parlait d'un voleur de petites culottes, aussi travesti. Cette fois, on fait de la place à Emily. Même si elle pouvait peut-être jouer avec son petit clovis dans les paroles évasives...

En enregistrant Bike à Abbey Road, on est déçu du résultat final. On a tout juste à côté, Paul McCartney, John Lennon, George Harrison et Martin, et Ringo Starr qui tricotent Sgt Pepper's Lonely Heart Club Band. On est non seulement aux côtés des grands dans les palmarès, mais aussi aux côté des géants en studio. C'est toutefois en retournant auprès de John Wood et son Sound Techniques, là où on avait enregistré Arnold Layne,  qu'on choisit de travailler avec Norman Smith. L'ingénieur de son avait travaillé avec les Beatles jusqu'a Rubber Soul et sera indispensable au premier album du band qui présente son matériel, parfois dans un chaos qui doit être réenligné. Syd, entre autre, semble être nulle part et partout à la fois. Parfois très leader, parfois très brouillon et confus. Maintenant habitués aux longs jam en spectacle, certains morceaux qui ne feront que 3-4 minutes, deviennent de longs jams improvisés en studio. Barrett ski beaucoup hors piste. Sous l'apparence du leader du band, il est davantage déséquilibre. 

Syd, mentalement, dérape. Il s'évade. Pendant l'enregistrement de See Emily Play, le guitariste de Jokers Wild, David Gilmour, ami du band, qui a voyagé avec Syd il y a à peine un an et demi, ne semble pas reconnaitre David quand il passe en visite. Syd fixe David longuement sans rien lui dire. Gilmour en restera troublé. Mais c'est aussi le début de la fin pour Barrett. Dans peu de temps, on demandera à Gilmour de les accompagner sur scène parce que Syd n'est plus fiable. Pour jouer ce qu'il n'arrive pas à jouer et réenligner le tir sonore.  Grosse tâche tout de même pour un gars de l'extérieur. 

Norman Smith doit sa réputation aux Fab Four qu'il a été le premier à enregistrer. Il aime créé de nouveaux espaces sonores et Pink Floyd semble flirter avec ça. Le mariage est donc parfait. La complicité créative s'installe entre Norman, Syd, Roger, Rick et Nick. Dès le premier jour de collaboration, il encourage tous les membres à participer à la production. Pour étendre leurs horizons. Les élèves dépasseront bientôt le maitre. Norman sera bientôt aussi du côté des artistes


 Entre le 5 janvier et 20 févier 1967, Pink Floyd enregistre ce qui sera leur premier album. Qui sera lancé en août. Si les bonzes du monde musical ne sont pas excités du tout par le direction musicale proposée par les Beatles et le mouvement hippie. Jefferson Airplane ? Grateful Dead ? Jimi HendrixLucy in the Sky With Diamonds ? Mais Pink Floyd n'est pas un band connu encore. Le risque de se planter est moins grand.  Peu remarqueraient un échec de leur part. Alors on encadre délicatement. Comme pour en faire l'expérience qui pourrait faire marcher le genre hippie. L'heure du psychédélisme sonne peut-être aussi. En reconnait-on le son ?

Ce n'est peut-être pas une relecture du blues hallucinée comme le font les Stones, mais une illustration sonore de voyages sous acide. 

Une relecture du Livre des Morts Tibétains dont Timothée Leary, Ralph Metzner et Richard Alpert se sont inspirés pour écrire leur ouvrage The Pyschedelic Expericnce, publié en 1964. 

Jusqu'à Rubber Soul, Norman Smith était ingénieur de son pour George Martin et les Beatles. Syd compose presque tout The Piper at The Gates of  Dawn. Seuls 3 morceaux sont du band au complet ou de Roger tout seul. Qui montre des signes d'égoîsme refusant beaucoup d'aide et restant plutôt sauvage et possessif. Syd peint beaucoup, lit beaucoup, Betloc, Tolkien, Percy Byssche Shelley seront inspirants pour des morceaux de ce premier album, Mais Syd consomme surtout d'importantes quantités d'hallucinogènes qui le gardent mentalement en marge. Ostracisé. Waters s'y attache naturellement, par tempérament, il est lui aussi celui qui fait garder ses distances de Norman Smith et tente de garder les 4 gars les plus unis ensemble possible. Mais il sera aussi le premier à suggérer de ne pas aller chercher en voiture Syd quand il devient si peu fiable qu'il devient nuisance. 

C'est Vic Singh qui signe la pochette qui oblige le band nouveau à se présenter. Il prend une photo avec un appareil à l'objectif qui double et triple l'image que George Harrison lui a donné car il ne sait pas quoi en faire. Ça ressemble aux visions quand on est sous l'effet du LSD. Pink Floyd aime. 

Mais les 4 gars sur la pochette ne sont déjà plus les mêmes en janvier 1968, quand on tourne un clip pour See Emily Play, c'est David Gilmour qui y est à la place de Syd. C'est quand même bien caché

De nouvelles pommes et oranges se magasinent dans la cuisine. 

De nouvelles couleurs.

Dès l'aube. 

Quelque peu clôturé. 

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